Une nouvelle norme inédite pour les produits transformés halal

Marché colossal représentant en France un chiffre d’affaires de près de 5,5 milliards d’euros (selon le cabinet Solis, spécialisé dans le marketing et les sondages ethniques), le marché du halal ne cesse de croître et de susciter l’intérêt et les convoitises des industriels français. Véritable aubaine pour les industriels, il est ainsi très convoité mais aussi controversé et complexe.

La norme halal XP V06-001 de l’AFNOR

Face à la croissance du marché alimentaire halal en France mais aussi à la demande d’industriels français de l’agroalimentaire, l’AFNOR (Agence Française de Normalisation) a publié en septembre dernier un “guide de bonnes pratiques de fabrication de denrées alimentaires transformées”.

Cette norme, référencée XP V06-001, a notamment pour objectif d’aider les industriels français dans leurs démarches à l’export et donc dans leurs conquêtes de nouveaux marchés (pays du Moyen-Orient notamment). Il convient de préciser que cette norme concerne uniquement la production des produits alimentaires transformés halal et exclut ainsi l’abattage religieux.

Cette norme permet aux industriels français de disposer de lignes directrices quant à la production d’aliments tout en s’assurant de la sécurité sanitaire des aliments et surtout du respect du caractère “halal” des produits lors du processus de production. Pour ceci, elle cite notamment les exemples des contaminations croisées et des produits de nettoyage (qui ne doivent donc pas être à base d’éthanol). On peut noter qu’il ne s’agit d’ailleurs pas vraiment d’une norme mais plutôt d’un cadre de référence.

Une norme loin de faire l’unanimité 

Contestée dès sa publication, la norme a été mal accueillie par les autorités musulmanes du fait de l’absence de consultation de ces dernières lors de l’élaboration de cette dernière.

La norme a été considérée par le CFCM comme une “manœuvre d’ingérence par l’AFNOR dans la définition du halal, qui est du ressort exclusif des instances religieuses musulmanes”. La norme a également été mal accueillie par les organismes de certification liées aux mosquées de Paris, Lyon et Evry. Au delà de la non implication des organismes religieux dans la norme, ces derniers accusent l’AFNOR d’ingérence dans les affaires religieuses. Pour eux, le halal est un concept religieux et spirituel qui relève de l’ordre des religieux et non pas de celui d’industriels ou d’institutions.

Qu’adviendra-t-il de cette norme expérimentale (applicable pendant trois ans)? Quel sera l’avenir du marché halal français dans les années à venir? Parviendra-t-on à un consensus et une réglementation claire du halal? À suivre…

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